100 % d’énergies renouvelables en 2050 c’est possible et nécessaire selon Greenpeace

Introduction

Quelques mois après le rapport de l’Ademe qui avait fait grand bruit en annonçant la faisabilité d’une France alimentée à 100% aux énergies renouvelables en 2050, l’édition 2015 du rapport « Energy [R]evolution » de Greenpeace paru ce lundi 21 septembre montre à son tour la voie pour une transition mondiale vers 100% d’énergies renouvelables. Selon l’ONG, aucune barrière économique ou technologique ne s’oppose désormais à cette transformation, d’ailleurs nécessaire pour freiner le changement climatique et ainsi garantir le maintien d’une planète vivable. Seule manque la volonté politique, déclare Greenpeace alors que les négociations climatiques patinent à quelques mois de la prochaine conférence des Nations unies (COP21). Greenpeace propose une sortie programmée des énergies fossibles, commençant par l’abandon général de la lignite dès 2035, suivi du charbon (2045) puis du pétrole et du gaz en 2050. Si le secteur énergétique ne devrait pas avoir de mal à poursuivre une mutation déjà entamée – le monde installe désormais plus de capacités de production provenant d’énergies renouvelables que d’énergies fossiles – le secteur du transport, lui, doit encore affronter des défis  technologiques pour se passer du pétrole, reconnaît l’ONG. Greenpeace chiffre le coût de la transition énergétique à 1000 milliards de dollars par an d’ici 2050, largement compensé par la baisse des dépenses liées aux carburants, aujourd’hui estimées à 1 070 milliards de dollars par an, sans compter la baisse des dépenses de santé liées à la pollution de l’air. La transition s’annonce bénéfique en termes d’emploi : 20 millions en 15 ans, dont 9,7 millions dans l’industrie photovoltaïque (soit autant que dans le charbon aujourd’hui) et 7,8 millions dans l’éolien. Les énergies renouvelables progressent inexorablement malgré un système de subventions qui leur est défavorable – les énergies fossiles sont deux fois plus subventionnées que les énergies renouvelables. Et si 164 pays dans le monde se sont déjà fixé des objectifs en terme d’énergies renouvelables (Irena), un accord ambitieux est plus que jamais nécessaire lors de la COP21 pour concrétiser cette dynamique.

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A faire

Points clés

  • 100 % d’énergies renouvelables pour tous d’ici 2050, c’est possible et nécessaire pour éviter un changement climatique catastrophique et la transition s’opère déjà plus vite que prévu. Les énergies renouvelables se sont généralisées dans de nombreux pays et, à mesure que les prix s’effondrent et que de nombreux emplois sont créés, le secteur démontre qu’il est capable de transformer la production d’énergie, et prouve que les supposées barrières économiques ou technologiques ne sont que pure fiction destinée à maquiller un manque de volonté. En France, l’agence de l’environnement a elle aussi démontré la possibilité de mener une transition vers 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050 à un coût maîtrisé.
  • Le coût de la transition vers 100% d’énergies renouvelables est immense, mais les économies générées ainsi que les co-bénéfices induits sont plus importants encore. 1000 milliards de dollars (886 milliards d’euros) par an seront nécessaires pour opérer la transition vers 100% de renouvelables, mais ce coût sera plus que compensé par 1070 milliards de dollars d’économies réalisées sur les seules énergies fossiles d’ici  à 2050. Ajoutés aux impacts sur la santé et les phénomènes climatiques extrêmes, et la disparition des subventions aux énergies fossiles équivalentes à 10 millions de dollars par minute, le choix d’un monde alimenté aux énergies propres ne fait plus débat. Les renouvelables créeront également 20 millions d’emplois, dont 9,7 millions dans la seule industrie solaire.

Documentation

Presse

Rapports et liens utiles

CITATIONS

  • “Les industries du solaire et de l’éolien sont désormais matures et compétitives avec le charbon. Les industries des énergies fossiles doivent prendre leurs dispositions et se préparer aux changements sur le marché du travail. Les gouvernements doivent gérer le démantèlement de l’industrie des énergies fossiles qui est en train de devenir rapidement obsolète. Chaque dollar investi dans les nouvelles énergies fossiles est un investissement à haut risque, voire un investissement à perte”  Sven Teske, auteur du rapport Greenpeace Energy [R]evolution
  • “Nous ne devons pas laisser le lobbying dirigé par les intérêts particuliers de l’industrie des énergies fossiles se mettre en travers de la transition vers les énergies renouvelables, voie la plus juste et la plus compétitive pour produire l’énergie propre et sûre de demain. Je recommande fortement à tous ceux qui disent “ce n’est pas possible” de lire ce rapport et de reconnaître que c’est possible, nécessaire, et que ce serait dans l’intérêt de tous de le faire” Kumi Naidoo, directeur executif de Greenpeace International

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