A Pékin, François Hollande obtient de son homologue des engagements de bon augure

Introduction

François Hollande et son homologue chinois le Xi Jinping ont publié aujourd’hui une déclaration commune de bon augure à moins d’un mois de l’ouverture de la COP21 à Paris. Après les Philippines, l’Afrique sub-saharienne et les îles caraïbes, la visite du Président français s’inscrit dans un agenda de diplomatie climatique bien rempli. Mais la Chine, premier  émetteur de gaz à effet de serre (25% des émissions mondiales) mais aussi premier investisseur mondial dans l’économie verte et chef de file du G77, joue un rôle central dans les négociations internationales sur le climat. C’est pourquoi la mention d’un accord juridiquement contraignant et d’un mécanisme de révision tous les cinq ans en vue de l’objectif à long terme convenu apparaissent comme des éléments très positifs de cette déclaration commune.

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Points clés

  • Par sa taille et sa position auprès de nombreux pays émergents, la Chine joue un rôle essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique. Devenue depuis 2010 le principal émetteur de gaz à effet de serre devant les Etats-Unis, la Chine est un acteur incontournable de la lutte contre le changement climatique et son implication est indispensable à tout accord international. Par ailleurs, sa position est susceptible d’influencer celle du G77, un groupe de 133 pays les plus exposés au changement climatique et historiquement méfiants vis-à-vis de négociations auxquelles ils ne se sentent pas toujours associés comme ils le devraient.
  • La déclaration franco-chinoise entérine le principe d’un accord contraignant et d’un mécanisme permettant  de réviser les objectifs tous les 5 ans. Deux points de la déclaration conjointe des présidents français et chinois portent sur le caractère juridiquement contraignant de l’accord de Paris et sur le principe d’un mécanisme de révision des engagements tous les cinq ans. Ce sont deux éléments clés du succès d’un accord à Paris, auxquels la Chine était jusqu’à présent réticente.
  • Le prochain plan quinquennal chinois prévoit de poursuivre le verdissement de l’économie. Jugé en partie responsable de l’échec de la dernière COP à Copenhague en 2009, le pays a entamé depuis une mue de son économie. La Chine recueille désormais les bénéfices de ses importants investissements dans les énergies renouvelables, qui  dépassent ceux des Etats-Unis et de l’Europe réunis et a annoncé l’instauration d’un marché national du carbone à compter de 2016. Son prochain plan quinquennal pour 2016-2020 met l’accent sur la protection de l’environnement et les énergies vertes au détriment du charbon dont les importations ont déjà baissé de près de 30% sur les 9 premiers mois de l’année.

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La Chine et le climat

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Citations

  • “Je suis en Chine pour obtenir des autorités chinoises la possibilité d’un accord global et ambitieux »  – François Hollande, Président de la République
  • “ Je considère que l’accord franco-chinois donne un coup d’accélérateur à la négociation climat et constitue un pas décisif pour crédibiliser la trajectoire des 2°C. Une haie vient d’être franchie avec la Chine, mais la course n’est pas finie : c’est maintenant au tour de l’Inde. “ – Pascal Canfin, Conseiller principal pour le climat auprès du World Resources Institute
  • “ Quatre semaines avant que les dirigeants du monde se réunissent à Paris, il est encourageant de voir de nouveaux développements, et que la diplomatie nous pousse un petit pas en avant. De plus, avec sa récente baisse de la consommation du charbon et son développement croissant des énergies renouvelables, la Chine se positionne en tant que leader sur le changement climatique. Ceci est radicalement différent de Copenhague il y a six ans. Cependant, pour que Paris soit un succès, de bien plus grandes avancées sont nécessaires. Après avoir dit au revoir au président Hollande demain, les dirigeants chinois doivent réfléchir à ce qu’ils peuvent apporter de plus quand ils le voient à nouveau à Paris à la fin du mois. ” – Li Shuo, Conseiller Politique sur le Climat chez Greenpeace
  • “ Les contributions ne sont qu’un point de départ vers l’accord et les décisions de la COP21. Pour qu’elles puissent dépasser le stade de promesses, les décideurs du monde doivent maintenant s’accorder sur un mécanisme robuste pour en assurer le suivi, autour de périodes de cinq ans et la revue à la hausse face à la science et l’équité. Il faut donc maintenant dépasser l’exercice de communication pour créer du lien au niveau mondial et rattraper le retard pris dans l’action climatique avec davantage de moyens mobilisés. La COP21 doit maintenant aboutir à une véritable architecture mondiale qui crée ce lien nécessaire et apporte de l’engagement entre ces contributions, pour y connecter les questions de soutiens financiers et technologiques, et celles de l’adaptation. » – Pierre Cannet, responsable du programme climat et énergie au WWF France
  • « A un mois du début de la COP21, la déclaration conjointe de la France et de la Chine sur le climat marque un pas en avant. La Chine reconnaît désormais que la COP21 jettera les bases d’un cadre international de long terme pour la lutte contre le changement climatique. Il reste néanmoins à clarifier le cap commun que tous les pays devront se fixer à Paris, soit la fin de l’utilisation des énergies fossiles à horizon 2050 et le chemin d’une énergie 100% renouvelable. Il faut également clarifier avant la COP21 la nécessité, pour tous les pays, de réviser à la hausse leurs engagements climatiques tous les cinq ans. Cela doit commencer dès maintenant, en relevant les engagements nationaux annoncés pour la COP21, car ils ne suffiront pas à limiter le réchauffement planétaire en deçà de 2 degrés par rapport à la période pré-industrielle.” – Célia Gautier, Responsable des Politiques européennes chez Réseau Action Climat

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